Qui est Catherine

 

Mon nom est Catherine Auriol et je suis née en 1965.

J’ai toujours habité à Montréal, ma mère est de la petite noblesse d’Outremont et mon père était un provincial de Perpignan, en France.

Ce sont deux mondes qui se sont croisés et cette espèce de bipolarité dans leurs personnalités, leurs ambitions, leurs caractères, le conformiste contre la rébellion, l’appartenance et la tradition versus le déracinement et l’apatrie.

J’ai fait des études universitaires parce que c’était ce qu’on attendait de moi, j’ai obtenu une maîtrise en anthropologie en 1993. La vie stagne, pas de boulot dans mon domaine. C’est l’année suivante, j’allais découvrir le travail avec l’argile. C’est la sculpture qui m’intéressait surtout, quoique la technique de tournage me plaisait parce que c’était rassurant.

Comme sous l’effet d’un sortilège, j’avais postulé pour l’école de céramique et de là, tout s’est enchaîné rapidement : un an de formation, (nettement insuffisant pour l’apprentissage de ce métier millénaire), l’établissement de mon atelier personnel, début d’une production afin de faire ma première expo en 1997. Le monde des céramistes était une famille généreuse et amicale. Les artisans sont des êtres particuliers, plein d’émotions et de courage et de résilience. C’était enfin la maison pour mon âme.

Après un stage en France pour découvrir d’autres techniques et d’autres univers de création, je suis revenue avec la conviction que mon futur atelier devait avoir un showroom. En 1999, ma mère pour et avec moi, avons acheté l’immeuble suranné de la rue Laurier et l’avons transformé en atelier boutique. Au fil des années, nous avons changé mille fois de look mais jamais de visée : promouvoir et diffuser la céramique d’ici faite à la main. Et des cours pour les passants faisait partie de l’équation.

En 20 ans, tout a changé : la pratique, l’esthétisme, mes envies, mes créations. Mon fils a grandi, j’ai vieilli, j’ai perdu père et mari, mais il me reste toujours ce besoin très fort de faire des bidules en argile, des assiettes, des couverts, du chic, du choc. Les clients aussi ont changé. Ils s’intéressent au fait-main, au local, au non-industriel. Ils s’y plongent même sans retenue. Les classes sont pleines, les gens veulent occuper leurs mains et délaisser leur tête trop chargée.

Depuis 2015, j’ai fait ma marque en réalisant les vaisselles des restaurants les plus connus de Montréal, Québec et Toronto. Ça, ça me permet de payer les frais, de donner du boulot à 3 personnes. La « shoppe » Gaïa a survécu moult tempêtes, c’est une force souterraine, un peu à contre-courant, même quand elle brasse les bas-fonds.

Mais au-delà de tout cela, c’est dans l’humilité qu’on est fier, c’est dans la réalisation de soi qu’on peut rester terre à terre, et offrir ce qu’il y a d’intemporel.

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